« Karl Rabeder est un homme d’affaires autrichien qui a décidé l’année dernière de se débarrasser de son immense fortune. Il vit aujourd’hui avec 1 000 euros (1 400 dollars) par mois »

Un de mes correspondants, inquiet, m’a envoyé cet extrait de presse.

La richesse rend-elle malheureux ?
Est-elle dangereuse ?

ainsi tout ce que l’on fait pour s’enrichir ne servirait à… rien ?

« Christian, rassurez-moi : êtes-vous heureux ? »

Voici ma réponse.

La richesse n’apporte pas le bonheur. Elle peut même apporter le contraire. Mais elle peut largement contribuer au bonheur.

Prenons l’échelle de Maslow. Une fois les besoins physiologiques remplis, nous passons aux besoins de sécurité. Là l’argent joue un rôle. Quand on a du mal à payer ses factures, quand on craint l’huissier et les relances de paiement, c’est désagréable, voire angoissant. Difficile d’être heureux quand on a le ventre vide et l’angoisse du lendemain.

Ce n’est que lorsqu’on a dépassé ce cap qu’on peut passer aux besoins d’appartenance, aux besoins de reconnaissance et à l’épanouissement
personnel.

Prenons Karl Raberer. Il a fait fortune, et a pu fonder une O.N.G. de micro-financement. Sans cette fortune il n’aurait pas pu le faire.

Sa femme l’a quitté quand il a décidé de se débarrasser de sa fortune… ou il s’est débarrassé de sa fortune après que sa femme l’ait quitté. Il me semble qu’aimer et se sentir aimé est une des clefs du bonheur.

Aujourd’hui il vit dans un petit chalet qu’il nomme cabane et que beaucoup de personnes lui envieraient. Il est sur les flans d’une montagne dans la nature, près d’un charmant village autrichien. Il n’a pas de loyer à payer. Il est propriétaire de son terrain. Il donne des cours sur l’art du bonheur qui lui assurent son quotidien et ses frais.

a-t-il des enfants dont il doit payer  les études ? Des frais de santé auxquels
il ne pourrait faire face ? Des impôts qui l’écrasent ? Non, il vient même de
régler 400.000 euros aux impôts pour pouvoir se lancer dans sa nouvelle aventure.

Il ne faut pas confondre la fin et les moyens. L’argent est un moyen. Il donne de la liberté et de la sécurité… mais pas du bonheur.

Un de mes amis était architecte, d’une humeur agréable et insouciante. Il a
fait un gros héritage. En quelques années son caractère s’est assombri. Il a peur de se faire voler, craint pour son argent, est devenu radin. Exemple de l’argent qui ne fait pas le bonheur.

Un de mes amis a fait fortune sur Internet. Son rêve était d’apporter sa
contribution à des enfants du Burkina Faso. Il a construit des écoles, participe à de nombreux projets qui l’enthousiasment. Il est heureux.

J’ai connu le manque et de gros ennuis d’argent. Et donc ma fortune contribue à mon bonheur. Mais ce n’est pas mon bonheur. Je ne suis pas oncle Picsou qui compte et recompte son argent.

Mon bonheur, ce sont ma femme, mes enfants, mes amis, tous ceux qui m’entourent, les projets que je mène à bien, mon équipe, les témoignages de mes étudiants. Et bien sûr les grands moments que je m’aménage avec moi-même, avec un bon livre ou avec la nature.

L’argent a une place dans tout cela, c’est une énergie, un flux, une mesure
de ce que l’on apporte aux autres. Je ne me leurre pas : je l’apprécie d’autant
qu’il m’a manqué. Mais je peux me contenter de très peu et être parfaitement heureux. Le reste est la « cerise sur le gâteau ».

Les médias se sont emparés de l’histoire de Karl Raberer pour prouver que l’argent est la source du mal, que l’argent est mauvais, qu’il est source de corruption et d’hypocrisie. Il s’est « débarrassé » de sa fortune ? Non, il en a fait don à son O.N.G.

Karl dit que quand il était riche il n’avait pas de vrais contacts avec les gens. Il est possible que son attitude et ses signes de richesse l’aient coupé des autres.

C’est pourquoi je n’aime pas porter de montre, ni de signes extérieurs de richesse qui exprimeraient un « Je suis différent de vous « prétentieux et faux. La situation de Karl est propre à Karl. Elle n’est pas une règle générale.

C’est à chacun de savoir de quels moyens il a besoin et pour quelle fin -et cela change au cours de l’existence.

Si vous voulez devenir riche, prenez la décision de l’être en 2018. Vous verrez bien ce qu’il en est. Mais ne tombez pas dans le piège qui consiste à haïr et critiquer sans cesse les riches, vous empêchant bien évidemment…de le devenir vous-même .


Yrvin Lauriston

Je suis membre de l'association CJPCP ainsi qu'auteur de nombreux livres disponibles sur www.Thebookedition .- Visitez mes sites blogues : ylauriston2.blogspot.com / sdpi-zooming.blogspot.com

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